26 sept. 2022
Des gens d'importance de Mariah Fredericks - Gentille enquête pour crâne défoncé
23 mars 2022
Il était deux fois de Franck Thilliez - Cajolez la noirceur, adoptez un écrivain
26 janv. 2022
Avis en vrac - Retard de la honte
En retard, en retard, en retard : je suis en retard de chroniques, en retard de lectures, en retard de tout. Je vous propose donc aujourd'hui un retour « de la flemme » sur mes précédentes lectures (pas très nombreuses), pêle-mêle-servez-vous !
Oui, je suis tellement honteuse que faire des intros à rallonge, ça me passe par dessus le haricot !
Les reines pourpres de Jean-Louis Fetjaine – Bagarre de filles
Mon chouchou des soirées automnales pelotonnée près du feu, c'est Jean-Louis Fetjaine et ses romans fantastico-historiques très documentés. Les reines pourpres (duologie disponible pour un rien d'occasion *clin d'oeil clin d'oeil*) se démarque toutefois par sa trame cent pour cent historique qui laisse peu de place aux sentiments et à la magie, contrairement à ce qu'on a l'habitude de trouver dans les écrits de l'auteur. C'est probablement ma lecture la plus décevante de Fetjaine, puisque j'y ai avant tout vu une réécriture froide et scénarisée de l'Histoire plutôt qu'un récit de vies : celles de deux femmes qui se haïssent, Frédégonde d'abord (tome un) et Brunehilde ensuite (tome deux). Contrairement aux apparences, les deux tomes nommés d'après ces dames ne leur laissent que très peu de place. Hormis les cinquante premières pages très prometteuses du premier volume où on découvre une Frédégonde impie dans une ambiance lourde de chrétienté qui cherche à s'imposer là où les rites païens prévalent, le récit n'est que faits historiques, palabres impersonnelles et sauts dans le temps. Dommage, en apprendre plus au sujet des Mérovingiens m'intéressait pourtant énormément ; il aurait fallu attaquer le morceau avec davantage d'humanité, à la façon d'un Ken Follett qui sait lui raconter la grande Histoire à travers celles des petites gens.
Les soeurs de Montmorts de Jérôme Loubry - Burn them all !
17 oct. 2021
Symphonie atomique d'Etienne Cunge - Dystopie écologiste, thriller anticipatif
Le monde d’après s’effondre. Malgré l’odeur de fin des temps, des restes de civilisations subsistent, au bord du chaos, et chacun lutte pour donner du sens à sa vie. Les quatre modèles des puissances atomiques, aux abois, dominent cette désolation et se confrontent, prêts à en découdre : ultra-capitalisme américain, écologisme européen, nationalisme russe et totalitarisme social chinois. Dans ce climat délétère, l’équilibre ne tient plus qu’à un fil, sur le point de rompre. Parmi le concert des forces nucléaires spatiales, l’Europe en Transition fait figure de naine. Pour autant, alors qu’émerge une crise dans la crise, le sort de l’Humanité va peut-être dépendre des décisions de deux de ses membres, que rien ne prédisposait à cela : Juan et Agathe. Dans cette nouvelle ère, à l’Europe reconfigurée et où l’espace constitue le terrain névralgique des conflits, leurs actes vont faire écho à l’étrange soulèvement en cours dans les steppes d’Asie centrale – sous le commandement du jeune Ashkat –, et les confronter à l’énigme qu’incarne Ulan Moltov, l’âme de la rébellion, le cœur du jeu de poker à grande échelle qui débute..
En 54 après l'Effondrement (soit un futur pas si lointain, l'auteur nous colle déjà la pression), la Terre est ravagée par cinq fléaux quasi bibliques, conséquence directe du dérèglement climatique. Le cycle carbone est rompu, les pandémies et super tsunamis sont légion et les ressources primaires particulièrement disputées. Sur cette Terre désolée règnent quatre grandes puissances : l'Amérique ultra-consumériste, la mère patrie russe, l'Empire chinois aux pratiques sociales douteuses (après la politique de l'enfant unique, je vous laisse deviner la pépite qu'ils ont pondu) et l'Europe en Transition. L'état d'urgence climatique et les plaies associées ont fait éclater les petites nations au profit de ces quatre géants lourdement armés, mais seulement dans l'espace : on ne tolère plus ni Fat Man ni Little Boy sur le plancher des vaches. Une multitude de têtes nucléaires est ainsi répartie en quatre stations orbitales (une pour chaque puissance, si vous êtes bons en math), de sorte qu'il règne au XXIIe siècle un climat hyper pesant : celui d'un équilibre de la terreur – comprenez que tout le monde est prêt à faire péter le feu sur votre tête au moindre accrochage, mais que personne ne souhaite frapper le premier (question d'image). Bref les puissants sont tendus dans une bonne grosse ambiance de merde, et si quelques accords commerciaux de bon voisinage subsistent (il faut bien boire, Michelle), il n'empêche que c'est méfiance à gogo. Et au beau milieu de tout ça, il y a Radio Collapse qui vous colle sa baseline dans les oreilles : "Soyez éco-responsable, suicidez-vous".
Tu le sens, le récit engagé et le bon gros bordel qui arrive ?
On ne va pas se mentir, elle est vachement accrocheuse cette baseline de Radio Collapse. Je parie même que rien qu'à la lire, vous en avez l'eau a la bouche, non ? Hé bien vous devriez. Car Symphonie atomique est certes de ces romans climato-engagés, mais pas de ceux qui vous donnent envie d'en arracher les pages pour vous tailler les veines avec. Le récit est bien dosé et se définit moitié éco-engagé donc, mais aussi moitié thriller-SF. Lorsqu'une frappe nucléaire inconnue démonte trois stations orbitales sur quatre, je vous assure que le compte à rebours est lancé pour l'Humanité : les nations s'accusent les unes les autres et Juan et Agathe, nos deux héros principaux, ont un jour voire deux grand max pour déjouer les plans du vilain Rob Callway (qu'on hésitera à cataloguer en misanthrope ou philanthrope
Et derrière tous ces protagonistes se cache le plus important de tous : l'Humanité débordante de combativité et de résilience, en lutte pour sa survie.
Le roman se fait donc chorale et laisse voix au(x) chapitre(s) à une belle brochette de copains. Les points de vues s'entremêlent en une toile bien pensée : le thriller est aussi bien construit que l'univers dans lequel Etienne Cunge le plante. J'ai apprécié la tension et le suspens du contre la montre apocalyptique (vite, trouver le responsable de la frappe nucléaire fantôme avant que les Quatre en viennent aux mains !), mais ce qui m'a franchement plu dans Symphonie atomique c'est avant tout son contexte climato-politico-social ultra difficile (ça fait beaucoup de points à aborder, et pourtant ça passe crème). Pas de digressions inesthétiques et lourdasses pour planter le décor de cette dystopie engagée ; Etienne Cunge distille les facettes de ce monde crado en chaque début de chapitre en nous offrant des extraits triés sur le volet de Radio Collapse. L'émission douteuse brosse un portrait de la Terre alarmant et qu'on espère ne jamais voir se concrétiser, mais pour autant, le livre est équilibré: il est anticipatif, alarmiste juste ce qu'il faut mais pas déprimant. Il y a de l'espoir et l'Europe en Transition l'incarne vaillamment malgré une démocratie totalitariste bien pensante.
Symphonie atomique est la tête d'affiche du moment des éditions Critic et je comprends pourquoi. Amoureux de la SF, je vous le recommande. Amateurs de thrillers menés tambours battant, vous pouvez y aller également ; on touche ici pas mal de publics ! Et pour ceux qui aiment les œuvres engagées mais pas trop lourdes, le feu est vert pour vous aussi. Bref, aucune excuse de ne pas mettre la main sur ce roman !
Note : 16/20
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20 oct. 2018
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5 août 2018
Sharko de Franck Thilliez
Eux, c'est Lucie Henebelle et Franck Sharko, flics aux 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, parents de deux petits garçons. Lucie n'a pas eu le choix : en dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, elle a tué un homme. Que Franck ignore pourquoi elle se trouvait là à ce moment précis importe peu : pour protéger Lucie, il a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d'être confiée au 36, car l'homme abattu n'avait semble-t-il rien d'un citoyen ordinaire et il a fallu lui inventer une mort à sa mesure. Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l'enquête et s'enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine. Cette enquête autour du meurtre qu'à deux ils ont commis pourrait bien sonner le glas de leur intégrité, de leur équilibre, et souffler comme un château de cartes le fragile édifice qu'ils s'étaient efforcés de bâtir.