26 sept. 2022
Les furtifs de Alain Damasio - Big data is crushing you
16 sept. 2022
Le vieil homme et la guerre, tome 4 : Zoé de John Scalzi - Elle en a gros !
Spoil spoil spoil, vous n’avez rien à faire là si vous n’avez pas lu les trois excellents tomes précédents! Ceux qui ont fait leurs devoirs peuvent rester.
Ce tome est probablement celui que j’ai eu le moins envie de commencer. Zoé n’était jusque là qu’un personnage lambda pour moi : pas le meilleur mais pas le moins bon de la saga ; disons un second rôle tout juste sympa mais sans plus. A bientôt vingt-neuf ans, le mieux que je puisse faire aujourd'hui c'est m'identifier à des trentenaires, alors l'héroïne adolescente ne me vendait pas du rêve. Et je ne vais pas vous cacher que l’idée de relire la même histoire que le tome 3, mais de son point de vue à elle, ça ne me bottait pas des masses non plus - l’exercice du “tome revisité” a trop été vu et revu sans que j'y adhère beaucoup. Je n'ai sauté le pas que parce que Zoé était un passage obligé, d’abord à reculons et puis à mesure que le livre évoluait, avec surprise et conviction. Zoé ne sera jamais mon tome préféré, mais c'était un aparté très intéressant.
D'abord Zoé est un tome qui apporte son lot d'éclaircissements et de consistance à l’affaire Roanoke, qu’on avait jusqu’alors vécu qu’à travers John et Jane, anciens soldats des forces de défense coloniale et administrateurs de la colonie. Il y était beaucoup question de politique et de diplomatie, et on n'avait finalement à peine effleuré la dimension humaine de la colonisation. Scalzi se rattrape avec ce tome mettant en avant la formidable résilience des colons, leur volonté farouche et surtout celle de ses colons ados. Malgré toute la place que la tranche douze - dix-huit occupe dans le roman, on ne vire pas dans le pur cliché adolescent. Le risque de brosser des portraits adolescents, c'était de devenir un roman à leur destination unique. Tous les publics sont finalement les bienvenus : les jeunes et les moins jeunes, l'important étant comme d'habitude d'avoir le sens de l'humour !
En matière de blague et de répartie mordantes, difficile de rivaliser avec Zoé. Son personnage est solaire, vif et bienveillant. Parfois même tellement qu'il en vient à manquer de naturel, aussi Zoé est-elle restée pour moi une gamine fictive. Ça ne l'a pas empêchée d'être particulièrement touchante à plusieurs moments à l'issue d'introspections d'une justesse impeccable. Déesse, "fille (adoptive) de" ça fait beaucoup pour quinze bougies, et elle en a gros. Comme pour les autres titres de la saga, la science-fiction n'est donc finalement pas le seul objet du livre, même si ça reste un gros morceau.
Comme je le disais plus haut Zoé apporte de nouveaux éléments à l'aventure Roanoke et à la politique des forces de défense coloniale. On en apprend davantage sur la quête solitaire qui a permis à Zoé de sauver Roanoke avec le renfort du peuple obin - pour qui on fond littéralement tous d'affection (en tout cas moi je les aime vraiment bien). A contrario les Consus apparaissent une fois de plus dans toute leur supériorité détestable. J'ai été ravie de les retrouver (j'aime l'ambivalence, oui oui), un peu comme je suis ravie de retrouver un bon méchant. J'espère les revoir prochainement, me semble-t-il qu'on n'a pas fini de sonder leurs secrets. Détiennent-ils notre salut à tous ? Telle est la question !
En bref ce quatrième tome fut une bonne lecture. Il me tarde malgré tout de retrouver une intrigue plus globale, recentrée sur le déploiement difficile de l'Humanité dans l'espace, avec la dose habituelle de mauvaise foi des FDC.
17 oct. 2021
Symphonie atomique d'Etienne Cunge - Dystopie écologiste, thriller anticipatif
Le monde d’après s’effondre. Malgré l’odeur de fin des temps, des restes de civilisations subsistent, au bord du chaos, et chacun lutte pour donner du sens à sa vie. Les quatre modèles des puissances atomiques, aux abois, dominent cette désolation et se confrontent, prêts à en découdre : ultra-capitalisme américain, écologisme européen, nationalisme russe et totalitarisme social chinois. Dans ce climat délétère, l’équilibre ne tient plus qu’à un fil, sur le point de rompre. Parmi le concert des forces nucléaires spatiales, l’Europe en Transition fait figure de naine. Pour autant, alors qu’émerge une crise dans la crise, le sort de l’Humanité va peut-être dépendre des décisions de deux de ses membres, que rien ne prédisposait à cela : Juan et Agathe. Dans cette nouvelle ère, à l’Europe reconfigurée et où l’espace constitue le terrain névralgique des conflits, leurs actes vont faire écho à l’étrange soulèvement en cours dans les steppes d’Asie centrale – sous le commandement du jeune Ashkat –, et les confronter à l’énigme qu’incarne Ulan Moltov, l’âme de la rébellion, le cœur du jeu de poker à grande échelle qui débute..
En 54 après l'Effondrement (soit un futur pas si lointain, l'auteur nous colle déjà la pression), la Terre est ravagée par cinq fléaux quasi bibliques, conséquence directe du dérèglement climatique. Le cycle carbone est rompu, les pandémies et super tsunamis sont légion et les ressources primaires particulièrement disputées. Sur cette Terre désolée règnent quatre grandes puissances : l'Amérique ultra-consumériste, la mère patrie russe, l'Empire chinois aux pratiques sociales douteuses (après la politique de l'enfant unique, je vous laisse deviner la pépite qu'ils ont pondu) et l'Europe en Transition. L'état d'urgence climatique et les plaies associées ont fait éclater les petites nations au profit de ces quatre géants lourdement armés, mais seulement dans l'espace : on ne tolère plus ni Fat Man ni Little Boy sur le plancher des vaches. Une multitude de têtes nucléaires est ainsi répartie en quatre stations orbitales (une pour chaque puissance, si vous êtes bons en math), de sorte qu'il règne au XXIIe siècle un climat hyper pesant : celui d'un équilibre de la terreur – comprenez que tout le monde est prêt à faire péter le feu sur votre tête au moindre accrochage, mais que personne ne souhaite frapper le premier (question d'image). Bref les puissants sont tendus dans une bonne grosse ambiance de merde, et si quelques accords commerciaux de bon voisinage subsistent (il faut bien boire, Michelle), il n'empêche que c'est méfiance à gogo. Et au beau milieu de tout ça, il y a Radio Collapse qui vous colle sa baseline dans les oreilles : "Soyez éco-responsable, suicidez-vous".
Tu le sens, le récit engagé et le bon gros bordel qui arrive ?
On ne va pas se mentir, elle est vachement accrocheuse cette baseline de Radio Collapse. Je parie même que rien qu'à la lire, vous en avez l'eau a la bouche, non ? Hé bien vous devriez. Car Symphonie atomique est certes de ces romans climato-engagés, mais pas de ceux qui vous donnent envie d'en arracher les pages pour vous tailler les veines avec. Le récit est bien dosé et se définit moitié éco-engagé donc, mais aussi moitié thriller-SF. Lorsqu'une frappe nucléaire inconnue démonte trois stations orbitales sur quatre, je vous assure que le compte à rebours est lancé pour l'Humanité : les nations s'accusent les unes les autres et Juan et Agathe, nos deux héros principaux, ont un jour voire deux grand max pour déjouer les plans du vilain Rob Callway (qu'on hésitera à cataloguer en misanthrope ou philanthrope
Et derrière tous ces protagonistes se cache le plus important de tous : l'Humanité débordante de combativité et de résilience, en lutte pour sa survie.
Le roman se fait donc chorale et laisse voix au(x) chapitre(s) à une belle brochette de copains. Les points de vues s'entremêlent en une toile bien pensée : le thriller est aussi bien construit que l'univers dans lequel Etienne Cunge le plante. J'ai apprécié la tension et le suspens du contre la montre apocalyptique (vite, trouver le responsable de la frappe nucléaire fantôme avant que les Quatre en viennent aux mains !), mais ce qui m'a franchement plu dans Symphonie atomique c'est avant tout son contexte climato-politico-social ultra difficile (ça fait beaucoup de points à aborder, et pourtant ça passe crème). Pas de digressions inesthétiques et lourdasses pour planter le décor de cette dystopie engagée ; Etienne Cunge distille les facettes de ce monde crado en chaque début de chapitre en nous offrant des extraits triés sur le volet de Radio Collapse. L'émission douteuse brosse un portrait de la Terre alarmant et qu'on espère ne jamais voir se concrétiser, mais pour autant, le livre est équilibré: il est anticipatif, alarmiste juste ce qu'il faut mais pas déprimant. Il y a de l'espoir et l'Europe en Transition l'incarne vaillamment malgré une démocratie totalitariste bien pensante.
Symphonie atomique est la tête d'affiche du moment des éditions Critic et je comprends pourquoi. Amoureux de la SF, je vous le recommande. Amateurs de thrillers menés tambours battant, vous pouvez y aller également ; on touche ici pas mal de publics ! Et pour ceux qui aiment les œuvres engagées mais pas trop lourdes, le feu est vert pour vous aussi. Bref, aucune excuse de ne pas mettre la main sur ce roman !
Note : 16/20
11 mars 2021
Le vieil homme et la guerre, tome 3 : La dernière colonie de John Scalzi - SF feel-good
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Grand Siècle, tome 3 (fin) : la conquête de la Sphère de Johan Héliot - Maudits Carons !
29 sept. 2020
Un éclat de givre de Estelle Faye - Délicatesse, fesses et post-apo
1 mai 2020
Seul sur Mars de Andy Weir - Mars a un incroyable talent !
Résumé : Mark Watney est l'un des premiers humains à poser le pied sur Mars. Il pourrait bien être le premier à y mourir. Lorsqu'une tempête de sable mortelle force ses coéquipiers à évacuer la planète, Mark se retrouve seul et sans ressources, irrémédiablement coupé de toute communication avec la Terre. Pourtant Mark n'est pas prêt à baisser les bras. Ingénieux, habile de ses mains et terriblement têtu, il affronte un par un des problèmes en apparence insurmontables. Isolé et aux abois, parviendra-t-il à défier le sort ? Le compte à rebours a déjà commencé.
22 avr. 2020
Futu.re de Dmitry Glukhovsky - Dystopie controversée, régal assumé
Résumé : Dans un avenir pas si lointain, l'humanité a su manipuler son génome pour stopper le processus de vieillissement et jouir ainsi d'une forme d'immortalité. L'Europe, devenue une gigapole hérissée de gratte-ciel où s'entasse l'ensemble de la population, fait figure d'utopie car la vie y est sacrée et la politique de contrôle démographique raisonnée. La loi du Choix prône que tout couple qui souhaite avoir un enfant doit déclarer la grossesse à l'Etat et désigner le parent qui devra accepter l'injection d'un accélérateur métabolique, lequel provoquera son décès à plus ou moins brève échéance. Une mort pour la vie, c'est le prix de l'Etat providence européen. Matricule 717 est un membre de la Phalange qui débusque les contrevenants. Il vit dans un cube miteux de deux mètres d'arête et se contente du boulot de bras droit d'un commandant de groupe d'intervention. Un jour, pourtant, le destin semble lui sourire quand un sénateur lui propose un travail en sous-main : éliminer un activiste du parti de la Vie, farouche opposant à la loi du Choix et au parti de l'Immortalité, qui menace de briser un statu quo séculaire.
19 avr. 2020
22/11/63 de Stephen King - Désaxer le passé, bonne ou mauvaise idée ?
2 févr. 2020
Le vieil homme et la guerre, tome 2 : les brigades fantômes de John Scalzi - Etre ou ne pas être, telle est la question !
26 janv. 2020
Vox de Christina Dalcher - Quand le silence n'est pas d'or
14 déc. 2019
Le vieil homme et la guerre, tome 1 de John Scalzi - Perry fait de la résistance !
Éditeur : Bragelonne
Genre : Science-fiction
Pages : 380 pages (format poche)