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  • 5 juil. 2019

    Les Dieux Sauvages, tome 3 : la fureur de la terre de Lionel Davoust - Des machines et des Hommes

    Auteur : Lionel Davoust
    Éditeur : Critic
    Genre : Fantasy, Post-apo
    Pages : 789 (grand format)


    Le résumé : La ville de Loered, Le Verrou du Fleuve, ploie sous la pression des armées démoniaques, mi-chair, mi-machine, du dieu Aska. Affamée, malade, la population ne tient plus que par la foi que lui inspire Mériane, l'envoyée du dieu Wer. Alors qu'aux plus hauts échelons du royaume, la reine régente Izara s'efforce de sauvegarder ce qu'elle peut encore, le prince Erwel lance un appel désespéré à l'union des provinces pour aider Loered. Quant à Mériane et les siens, ils n'ont pas d'autre choix pour survivre que de braver la colère divine. Car dans les vestiges maudits de l'Empire d'Asrethia repose peut-être une puissance capable de rivaliser avec celle d'Aska. Tandis que le passé du monde émerge, la nature réelle du conflit qui oppose les dieux rivaux se dessine, et les Rhovelliens affrontent leurs plus terribles sacrifices. Quand la mort frappe tous les jours, il n'y a pas de héros, pas d'épopée - seulement la nécessité de survivre jusqu'au lendemain.


    Ma chronique : Renouer avec Les Dieux Sauvages de Lionel Davoust le temps d’un troisième tome du feu de Dieu, ça n’a pas de prix - surtout que du feu et des dieux, y en a pas mal par ici, ça tombe sacrément bien ! Fouler de nouveau du pied le Royaume de Rhovelle en la compagnie de la Messagère du Ciel et de sa clique n’en a pas non plus et c’est très bien, parce que du chemin, y en a à parcourir dans ce troisième volume, parole de Choupaille. Des réponses, de la baston, des héroïnes en nombre et de l'engouement bien franc, tout ça est au rendez-vous et bien plus encore - plus, plus, plus.


    Leored, Verrou du Fleuve et unique rempart de la Rhovelle face à la horde askalite, s’efforce de tenir au jour le jour un siège qui la sape depuis des semaines. Les provisions fondent, la maladie s’installe et seule Mériane et la ferveur qu’elle inspire permettent aux troupes de survivre et de combattre vaillamment. Et tandis qu’à chaque assaut la lutte se fait plus monstrueuse et meurtrière encore, Chunsène et Nehyr s’élancent dans les rangs adverses sans s’attendre à trouver sur leur route davantage de réponses qu’elles ne se posent de questions. L'Empire maudit d'Asrethia émerge à nouveau sous la méfiance divine, les mains se salissent et dans les cieux, deux frères se jaugent et se mesurent à la force de leurs Hérauts : Mériane pour l’un, Ganner pour l’autre - tous deux vêtus du terrible acier d’Asreth ... Quel avenir pour le Verrou et la Rhovelle déchirée ?



    Je l'attendais d'un pied tellement ferme, celui-là, que le voisin du bas a dû me détester bien cordialement dans l'intervalle qui m'a séparée de ce troisième tome. Je l'attendais, je l'espérais, je le rêvais ; mais le jeu en a-t-il valu la chandelle ? Oh ouais. C'est que dans ce volume, déjà, on retrouve tous les ingrédients qui ont fait la grandeur des précédents tomes : un univers de fantasy post-apo hyper-inspiré, une lutte pour la survie dans la boue, le sang et la foi, et best of the best, une épopée historico-imaginaire inspirée de la guerre de Cent Ans riche en figures féminines garanties sans stéréotypes. ~ alors, on n’est pas bien là ?

    Soyons honnêtes deux minutes, la plupart des best-sellers de fantasy ne brillent pas par leur parité homme-femme - et je dis bien la plupart, hein, pas taper ! Des héros vaillants, bon ou mauvais, on en trouve en veux-tu en voilà, mais pour mettre la main sur des nanas délurées et plus dégourdies que la moyenne, c’est du côté des rôles secondaires voire tertiaires qu’il faut creuser... et parfois, il faut creuser vachement loin. A la pelleteuse. Voilà voilà. Mais laissez-moi vous rassurer un bon coup, avec Lionel Davoust et plus particulièrement en la compagnie de son petit dernier, nul besoin d’en arriver à de telles extrémités de sauvages. Les femmes nous sont servies sur un plateau d’argent, disposées sur le devant de la scène rhovelienne sans rien laisser au hasard et pouaaah, ça a de la gueule ! Entre la reine marchande d’ascendance étrangère sur le fil et l’innocente dauphine tombée dans les filets d’un clergé détestable ; entre la rescapée ravagée et ravageuse, la beauté millénaire détentrice de bien des secrets et l’envoyée d’un dieu au culte immensément misogyne - troll, vous avez dit troll ? - y a du beau monde bien gratiné au rendez vous, et en tant que femme, ça fait doublement plaiz’ !

    Bref si vous êtes comme Patrick Juvet et que vous vous demandez “Où sont les femmes ?”, cherchez pas, elles sont chez Lionel Davoust. 

    Conséquemment, contexte rhovellien plombé d’une couche patriarcale de wérisme assumé oblige, les femmes, elles trinquent pas mal dans ce tome - ah, que j’aime les euphémismes ! L’armée askalite qui déferle en Rhovelle ? La faute à la femme. L’épidémie de morbus qui décime les cités retranchées ? La femme encore. Les vivres qui se laissent aller ? La femme, la femme, la femme, toujours la femme. Pécheresses impures, pécheresses impies, ce troisième tome c'est l’occasion nous rappeler qu’ignorance, peur et fanatisme ne font bon ménage pour personne ; en tout cas certainement pas pour la gente féminine et pour Mériane dont  on espère de tout coeur que la route ne suivra pas celle d’une certaine Jeanne d’Arc. Moi je trouve que ça commence à sentir le roussi, et pour tout vous avouer je suis pas à l’aise avec la destinée potentielle de la pucelle de Doélic, ah ça non

    Parce que bien qu’elle s‘assume méchamment plus qu’à ses débuts en tant que Héraut, on sent le destin de Mériane glisser de ses mimines et lui échapper peu à peu. Les ficelles changent de mains - lesquelles, je ne sais pas - alors qu’un Empire et un savoir millénaires émergent de nouveau avec toujours plus de réponses, de questions … et de bon gros plot-twists qui remettent l’entièreté de l’univers en perspective - tremblez, vous les dieux ! Dire que j’avais pas pensé à une telle révélation, ce serait vous mentir, mais voir l’hypothèse avec un très grand H soulevée sous nos yeux, ça a de la classe. C’est bien pensé, bien dosé, et le world-building d’Evanégyre n’en est que plus canon encore. Cet univers de fantasy post-apocalyptique (technologie maudite en prime) figure parmi mes préférés, bien au chaud aux côtés du Roshar de Brandon Sanderson, et rien que pour ça faut vous lancer fissa !

    Et bon, le dernier tiers du livre, on en parle ? On cause de ces deux cent cinquante dernières pages de folie ? Parce qu’il y a matière à épiloguer dessus, et largement. Le siège d’Orléans de Loered, on connaît, c’est pas nouveau. Il dure depuis un bon gros millier de pages réparties sur deux tomes et à ce stade on y évolue en terrain connu - le Verrou tiendra et caetera. Des monstres, des assauts, des morts et la Messagère du ciel qui se donne pour sauver un tas d’ingrats. Bref, à la moitié de ce troisième tome, on est blasé et un poil frustré de ne pas bouger d’un pouce. Puis vient l’assaut de la dernière chance, les défenseurs dos au mur et sans doute l’une des plus belles bouffées d’euphorie et d’adrénaline que j’ai jamais eue - avant le kick final dévastateur. Vêtue de son armure immaculée, tranchoir à la main, Mériane en impose d’autant plus qu’on craint pour elle jusqu’au bout malgré le fatras d’acier qu’elle se trimballe avec classe. On craint pour Chunsène également, pour Nehyr, Leopol, Erwel, Thormig ; bref, pour tous ces protagonistes développés auxquels Davoust donne ici voix au chapitre. Pour des arcs narratifs qui se multiplient en un récit tentaculaire ultra-prenant, c’est dans cette saga qu’il faut plonger, et plus particulièrement dans ce troisième tome.

    Se lancer dans une saga et l’apprécier à sa juste valeur, c’est toujours une question de timing. Attendez votre heure patiemment pour débuter ce petit bijou, relaxez vous, et sautez sur l’occas’ dès que vous sentez le moment venu - mais sautez, un point c’est tout !



    Note :  19/20

    Date :   23 juin 2019 - 30 juin 2019








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