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  • 24 nov. 2019

    Le Nibelung, tome 1 : le Carnaval aux corbeaux d'Anthelme Hauchecorne et Loïc Canavaggia - Barbes à papa ectoplasmiques pour marmaille cataclysmique

    Auteur : Anthelme Hauchecorne
    Illustrateur : Loïc Canavaggia
    Éditeur : Chat Noir
    Genre : Fantastique, Horreur, Jeunesse
    Pages :  320 pages (grand format)

    Lu dans le cadre du « Pumpkin Autumn Challenge »

    Ludwig grandit à Rabenheim, un petit bourg en apparence banal. Claquemuré dans sa chambre, il s’adonne au spiritisme. À l’aide d’une radio cabossée, il lance des appels vers l’au-delà, en vue de contacter son père disparu. Jusqu’à présent, nul ne lui a répondu… Avant ce curieux jour d’octobre. Hasard ? Coïncidence ? La veille de la Toussaint, une inquiétante fête foraine s’installe en ville. Ses propriétaires, Alberich, le nabot bavard, et Fritz Frost, le géant gelé, en savent long au sujet du garçon. Des épreuves attendent Ludwig. Elles seront le prix à payer pour découvrir l’héritage de son père. À la lisière du monde des esprits, l’adolescent hésite… Saura-t-il percer les mystères de l’Abracadabrantesque Carnaval ?


    Ma chronique : Ce livre parfait pour Halloween aux senteurs de citrouilles putrides, je l'ai dans ma PAL depuis le mois de mai, expressément mis de côté pour cette édition du Pumpkin Autumn Challenge - pour une fois que j'ai un coup d'avance sur mes envies livresques, faut bien que je crâne un peu, hein ! Passée la veille de la Toussaint il était donc grand temps que je m'y mette, et forte d'une première découverte très convaincante avec Anthelme Hauchecorne et Loïc Canavaggia (Noces d'écailles, petits curieux), j'étais largement enthousiaste à l'idée de remettre le couvert. Et paf, dans le mille Emile, cette lecture ç'a été une jolie petite révélation macabre et un roman que je vais conseiller à tord et à travers, aux jeunes comme aux moins jeunes. L'Abracadabrantesque Carnaval débarque à Rabenheim après treize ans d'absence, ratez surtout pas la fête et soyez prêts à encaisser farces crapuleuse et pitreries douteuses ~ bon spectacle m'sieurs dames !

    Ludwig Poe souffre de l'absence de son père depuis treize ans. Abandonné à la naissance par cet homme à la réputation extralucide de médium, c'est armé d'une vieille radio grésillante, d'une feuille de papier et d'un crayon gras que Ludwig tente de nouer le contact - au plus grand désespoir de sa mère. A l'école il est l'objet de toutes les moqueries, à la maison le souffre-douleur d'une logeuse acariâtre, mais fort heureusement Ludwig peut compter sur l'amitié indéfectible de Gabriel Grimm, un original tout comme lui. Le jour de son treizième anniversaire, Ludwig remet miraculeusement la main sur un document paternel et établit un contact pour le moins étrange. Ni une ni deux, le voilà précipité dans une affaire qui le dépasse alors que Rabenheim s'éveille colonisé par une horde d'inquiétants forains sortis de nulle part. Entre les tours et les farces, les discours grandiloquents d'Alberich le beau parleur et les inquiétants faits divers qui se multiplient, Ludwig tente de faire la lumière sur la disparition de son père. Car il est en persuadé, l'Abracadabrantesque Carnaval a trempé dans l'affaire ... attention toutefois, Alberich ne goûte que très peu qu'un nez étranger vienne lui asticoter les basques.

    Alors que la foire de Liège a remballé il y a quelques semaines ses grand-roues et ses baraques à lacquemants et croustillons, j'ai remis le couvert sans honte avec Le Carnaval aux corbeaux pour toujours plus de gourmandise, de tours bon enfant ... mais aussi d'ectoplasme bien gluant et de farces malsaines - et grand bien m'en a pris ! Ce carnaval maladif sorti de nulle part, ces forains suintant on-ne-sait-trop-quoi sous leurs masques abominables, ça vous réveille d'un coup les petites inquiétudes et l'innocente bravoure d'une enfance bercée par le générique de Chair de poule ; il y a de la nostalgie et de la soif d'aventure dans l'air, un peu d'inquiétude aussi mais rien de bien méchant pour qui n'a évidemment pas peur d'une troupe de clowns, d'artistes tordus et de prestidigitateurs revenus du royaume des morts. Pas de panique, tata Choupaille vous rassure : sous l'apparente morbidité de l'atmosphère et des carnavaliers se cache un récit plein de bonnes choses pour la jeunesse, petites frousses et sucreries au service d'une aventure dramatiquement burlesque qu'on aurait rêvé de singer en pleine cour de récré et d'affronter entre amis.

    Le nec plus ultra de l'horreur foraine adressée à tous les publics, tournures et vocabulaire au rabais en moins (trois fois hourra !). De l'excellent jeunesse pour lecteurs en herbe et vieux de la vieille, inspiration à la « Ça » de King et aux « Enfants particuliers » de Ransom Riggs en prime !

    Tout plein qu'il est de farces et attrapes douteuses, Le Carnaval aux corbeaux est immanquablement intriguant et inquiétant, mais à l'écrit on parvient à éviter l'angoisse et la terreur pures grâce à un jeune héros qui lui n'a pas froid aux yeux : Ludwig Poe, médium en devenir et garnement prêt à tout pour renouer avec son paternel disparu lors de la dernière venue de l'Abracadabrantesque Carnaval. Le gamin a beau être la risée de l'école et la nouvelle tête à claques du maître des carnavaliers, jamais il ne se démonte ni ne cède à la panique. On vit les sortilèges de la fête foraine à travers lui et son aplomb enfantin tempère pas mal la malveillance d'Alberich et de la mystérieuse Direction qui le tient dans sa main. Ludwig vit ses convictions à fond et n'a que faire du guêpier dans lequel il saute ; tant que ça aide à retrouver la trace de papa Charles, on garde le cap et on brave tous les dangers la tête haute accompagné d'amis sincères, de brutes épaisses et de demoiselles folles furieuses. Le temps de percer les mystères de l'Abracadabrantesque Carnaval le récit se veut un hymne à l'amitié, à ses hauts comme à ses bas et à tous les gros tracas d'une adolescence jamais simple à traverser. Entre scolarité difficile, désastres familiaux et crise identitaire, Le Carnaval aux corbeaux parlera aux principaux intéressés, mais pas que - de quoi offrir quantité de portraits ultra-nuancés, et ça, j'aime !


    Et pour ajouter encore de la bonne référence dans un récit qui n'en manque pas, un petit côté « tournoi des trois sorciers » s'invite également à la fête foraine alors que Ludwig se retrouve malgré lui le malheureux champion du carnaval ; trois tâches terrifiantes et pas tout à fait sécurisées au menu. Voilà, c'est cadeau !

    Pas de surprise donc, l'atmosphère est le plus gros point fort du roman : avec ses chapiteaux démesurés, ses confiseries à faire cauchemarder un dentiste et sa troupe de bougres surnaturellement morbides, le carnaval de Rabenheim fait carton plein auprès des villageois et des lecteurs. Chaque nouveau chapitre est prétexte à découvrir de nouvelles facéties macabres : ça fonctionne à merveille cent cinquante pages durant avec davantage de « aaaah » et de « waouuuuh » à mesure que les pages se tournent, mais hélas passée la moitié du roman Anthelme Hauchecorne se la joue un peu trop surenchéreur. Tout n'est plus que prétexte à étaler les trucs et astuces malveillants de l'Abracadabrantesque Carnaval et à la longue on a méchamment l'impression de tourner en rond - fallait bien que je trouve à redire, hein ! Les indices à glaner çà et là font cependant leur office ; on cherche le truc, on cherche à comprendre comment tout est lié et une fois le tableau d'ensemble sous les yeux, ça claque méchamment d'ingéniosité. Les Poe, les Grimm, les carnavaliers, les Rabenheimois : personne n'est exempt de secrets et percer chacun à jour demande du temps et de la persévérance - ça tombe plutôt bien, Gabriel, Ludwig et sa maman en ont à revendre !

    Un contenu qui flaire bon la toile rance et la pomme d'amour décomposée, des illustrations au diapason signées d'un Loïc Canavaggia aussi convainquant que dans Les noces d'écailles : le fond comme la forme sont remarquables et voilà un objet livre que je vais chérir longtemps ! Entre le hardback, la mise en page extra et les petites surprises illustratives, il y a de quoi trouver entre ces pages un bon gros moment littéraire comme on les aime par ici - saveur de citrouille une veille de Toussaint, j'aime !  Frisquounet par moments et adapté à tous les publics amateurs de bonne plume et de personnalité, Le Carnaval aux corbeaux m'a mis l'eau à la bouche malgré des longueurs calculées qui m'ont pas tellement goûtées. Un peu de Ça, beaucoup de Chair de Poule et rien à envier à Miss Peregrin et les enfants particuliers, la découverte valait le détour et ravira les jeunes et les beaucoup moins jeunes. Avec cette fin telle que nous l'a concoctée Anthelme Hauchecorne y a plus qu'à attendre avec impatience que la suite paraisse - barbe à papa ectoplasmique en main, bon appétit tout le monde !


    Note :  17/20

    Date :   11 novembre 2019 - 16 novembre 2019

    8 commentaires:

    1. Ca me dirait bien de découvrir la plume de cet auteur parce que j'en entends plein de bien depuis un moment. J'aimais bien le pitch de ce livre-ci et il me faisait bien envie mais j'ai jamais passé le pas de l'acheter. Là avec le Plib j'ai l'occasion de lire son nouveau (moitié d'âme ou un truc du genre) je pense que je vais commencer par lui et après je verrai :) Après j'adore le genre d'ambiance que tu décris là mais j'ai grave peur des longueurs >.<

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      1. Merci d'être passée par ici Kin ! ^-^
        De ce que j'ai lu de l'auteur, tout se vaut ! Il est super constant dans ses écrits donc je pense que tu vas passer un très chouette moment avec Moitié d'âmes :-). Ce qui me tracasse un peu à son sujet c'est que j'ai l'impression qu'il commence beaucoup de projets sans avoir clôturé les précédents ... J'espère qu'il ne te fera pas le coup avec Moitié d'âme !
        J'aurais adoré participer au PLIB mais ma diligence légendaire m'a fait louper les inscriptions x). Ce sera pour la prochaine ! Bonne participation à toi.

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    2. Je suis très curieuse, ça fait un moment que je vois passer ce titre et j'espère le lire un de ces jours. Peut-être pour l'année prochaine :) En tout cas, cet avis me donne envie de tester l'expérience.

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      1. Ah oui oui oui, si tu souhaites le lire surtout garde-le pour la saison automnale, ça renforce encore plus l'ambiance du roman ^-^ ! Sous la pluie battante et le gel, un bon plaid et une boisson chaude pour compagnie, c'est le top !

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    3. Il faudrait vraiment que je sorte cet auteur de ma pal !

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      1. Au moins il est déjà dans la PAL et pas dans le WL :-D !

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    4. Quand j'arriverai à maitriser ma PAL à un stade moins affolant que maintenant j'y ajouterai ce livre ^^

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      1. Hi hi, en attendant c'est la wish-list qui morfle alors ! ceci dit au moins tu arrives à faire preuve de retenue, c'est pas le cas de tout le monde :-D

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