29 avr. 2018

Museum (killing in the rain), tomes 1 et 2 (fin) de Ryôzuke Tomoe

Auteur : Ryôzuke Tomoe
Éditeur : Pika graphic (2016)
Genres : Manga (seinen), Thriller
Format : grand format

Le résumé : Une femme dévorée par des chiens, un homme découpé en petits morceaux… Une série de meurtres, un seul indice… une signature sur chaque scène, un petit message laconique, un verdict inscrit sur un papier. Le lieutenant Sawamura, secondé par le sergent Nishino, enquête mais manque cruellement de pistes. Et pour ne rien arranger, Sawamura n'arrive plus à joindre sa femme qui a quitté le domicile conjugal avec leur fils…


Ma chronique : Museum est une série de deux tomes que j'ai achetée d'occasion après avoir vu la vidéo de Two Face Lizzie à son sujet (par ici). Présentée comme haletante, dégoûtante et terrifiante ... forcément, je me suis laissée tenter ; et c'était là une très bonne idée puisque je l'ai littéralement dé-vo-rée.

Hisashi Sawamura, trente-deux ans, est un lieutenant de police intègre et efficace. Volontaire et téméraire, il n'hésite pas à aller au devant du danger et à se donner corps et âme, parfois même au delà du raisonnable. Et c'est justement parce qu'il a perdu toute mesure que Haruka, sa femme, s'en est allée avec leur fils Shôta dont il ne s'occupait de toute façon plus. Livré à d'incessants cauchemars, Hisashi accueille presque avec bienveillance l'affaire qui lui tombe sur les bras : celle d'une jeune femme enchaînée et livrée vivante à deux chiens affamés. "La sanction de la pâtée pour chiens", comme le mentionne la note trouvée sur la scène du crime. Loin d'être un cas isolé, cette sanction est suivie d'une multitude d'autres, toutes plus insoutenables les précédentes. Rapidement, les enquêteurs font le lien avec une affaire vieille de plusieurs mois. Or Haruka a pris part à cette dernière... et Hisashi ne parvient plus à la joindre.

A bien des égards, Museum rappelle les plus grandes œuvres d'horreur et de suspens. Pour qui a vu le film, il est difficile de ne pas penser à l'excellentissime Seven de David Fincher lorsqu'on parcourt Museum ; ou du moins ses premiers chapitres. Mais s'il est vrai que les points communs entre les deux œuvres sont nombreux, l'une et l'autre se différencient à mesure que l'histoire évolue. Gardant le meilleur du film de Fincher, Ryôzuke Tomoe part rapidement dans une direction personnelle qui ne manquera pas de passionner le lecteur, et de le faire frissonner au passage. S'il se laisse charmer, les pages défileront à une vitesse folle et avec elles une intrigue plutôt recherchée mais, surtout, très rythmée.

Avant d'entamer ma lecture, je me questionnais sur la capacité d'un manga à me surprendre. A présent que j'ai fini Museum, je ne la remettrai plus en doute. Avec une mise en page adéquate et soigneusement étudiée, un format papier peut provoquer autant de sursauts que le dernier Conjuring ; car au détour d'une simple page se cache souvent l'horreur dans sa plus surprenante imprévisibilité, et avec elle les sursauts cardiaques les plus électrisants.

Toutefois, aussi passionnante que soient l'intrigue et son déroulement, j'en regrette la conclusion, à mon goût trop brusque. C'est à peine si le lecteur à le temps de se remettre de l'ultime rebondissement du récit que ce dernier est terminé. Quelques pages supplémentaires dressant un état des lieux plus complet au sortir de cette série auraient été appréciables, car en l'état des choses l'auteur me donne l'impression d'avoir négligé ce qui aurait dû être une apothéose.

Quoiqu'il en soit, Museum est un expérience que je suis ravie d'avoir tentée. Je garde ses deux volumes bien au chaud dans ma bibliothèque et, malgré mes réserves sur leur conclusion, je m'apprête à les recommander vivement à qui est amateur de sang et de frissons.


Note : 16/20

Date : 24 avril 2018 - 27 avril 2018

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