9 mars 2018

La Rose et la Tour de Fiona McIntosh


Auteur : Fiona McIntosh
Éditeur : Milady (2016)
Genre : Romance
Pages : 576 (format poche)

Le résumé En 1715, le comte de Nithsdale rejoint la rébellion jacobite écossaise. Accusé de trahison, il est arrêté et attend la peine capitale, emprisonné à la Tour de Londres. En 1978, Jane Granger se fiance avec Will, un descendant des Nithsdale, et est assaillie par le doute. Lorsque Will tombe dans le coma, Jane fait le serment de le sauver. par un curieux coup du sort, elle se retrouve plongée au cœur du XVIIIe siècle et est convaincue que Will se réveillera si elle libère le comte. Mais elle rencontre alors un séduisant noble qui peut bouleverser sa vie dans le passé, comme dans le futur.


Ma chronique : Quand j'aime un roman, je ne m'en cache pas. Je le crie sur tous les toits et me fais une joie d'en parler. Quand je n'aime pas, ma foi... c'est pareil. La joie en moins. Malheureusement pour La Rose et la Tour qui ne m'a pas du tout convaincue. 

Londres, 1978. Il n'a fallu que cinq mois à Will pour demander Jane en mariage, et davantage surprise que ravie, cette dernière a accepté. Les semaines ont passé et Jane fait maintenant face à l'étendue de son faux pas : certes, elle apprécie Will, mais elle ne l'aime pas et ne sait comment stopper la machinerie nuptiale qu'elle a mise en branle. Mais alors qu'ils regagnent l'hôtel dans lequel ils séjournent, les époux croisent la route de supporters avinés. A l'issue de l'altercation qui s'ensuit, Will sombre dans un profond coma. Prise de remords et assaillie par la culpabilité, Jane n'a plus qu'une idée en tête : sauver Will. La jeune femme entreprend alors un périple étonnant que ne comprend ni sa famille, ni celle de Will. Un périple qui la transportera à travers le temps et l'espace ; et l’emmènera jusqu'en Ecosse, en 1715, alors que l'ancêtre de Will, le comte William de Nithsdale, attend sa mise à mort pour trahison. Jane le comprend bien vite : pour sauver Will, elle devra secourir son ancêtre... et taire ses sentiments naissants pour un certain gentilhomme. 

Fiona McIntosh n'est plus à présenter. Auteure de nombreuses sagas Fantasy, difficile de passer à côté de ses ouvrages en librairie ; d'autant qu'ils sont généralement plutôt appréciés par le public. Mais pas par moi. Véritable synthèse de tout ce qui me déplaît chez l'auteure, La Rose et la Tour a été la goutte qui a fait déborder le vase de ma patience à son égard. Je vous avoue d'ailleurs avoir abandonné ce roman aux deux tiers. Et quel combat ç'a déjà été de tenir jusque là !

Dès le prologue, le combat était mal engagé. Le style de Fiona McIntosh ne me convient décidément pas. Il est tranché, brusque et maladroit à tel point que j'ai d'abord pensé à une mauvaise traduction plutôt qu'à une plume moyenne. Descriptions et dialogues rivalisent par leur insipidité tandis que de son côté, le scénario met un temps fou à prendre son envol. Plus de cent-cinquante pages, pour être exacte. Et quand le style vous déplaît et que de surcroît l'intrigue tarde à se lancer, l'ennui guette.

Mais au delà de l'ennui, lorsque le lecteur perd patience pour de bon, il y a l'abandon. Et ce qui m'a fait cesser la lecture de ce roman, ce qui m'a exaspérée au point de ne plus vouloir lui donner sa chance, ce n'est ni le style, ni le scénario, mais bien les choix de l'auteure. Fiona McIntosh aime la facilité. Elle l'a semble-t-il en adoration. Les petits détails qui auraient enfin amené du cachet et de l'authenticité à son récit, l'auteure les balaie constamment d'un revers de main, préférant apporter des solutions immédiates aux problèmes légitimes que rencontre Jane, plutôt que de faire avec et de les intégrer à son récit. Bien pratique pour elle, mais littéralement rageant pour un lecteur qui se veut actif, et surtout critique. Quelle chance elle a, cette Jane, tout de même : le hasard, en la personne de Fiona McIntosh, lui facilite bien des choses !

Certains me diront que l'auteure a peut-être volontairement balisé le parcours de son héroïne afin de mettre en avant le côté romance de l'ouvrage. Certes, mais il n'empêche que romance ou pas, le lecteur est en droit de s'attendre, dans un récit qui se veut presque historique, à un sens du détail poussé, à un certain réalisme que l'auteure, ici, lui refuse.

Ajoutez à cela une héroïne fadasse en dépit des nombreuses tentatives de l'auteure pour lui donner du relief, et vous obtenez un roman qui, à coup sûr, n'était pas fait pour moi. De Jane, je ne retiendrais que son opiniâtreté de façade (sur laquelle Fiona McIntosh adore par ailleurs insister !) et son manque de discernement.

Curieuse que je suis, je n'ai cependant pas résisté à la tentation d'aller lire les deux derniers chapitres du récit avant de le reposer définitivement. Et ce que j'y ai lu m'a conforté dans mon choix. Nulle surprise dans la conclusion de ce roman qu'on voit venir dès les premiers chapitres, et qui donne méchamment l'impression au lecteur d'avoir brassé de l'air durant cinq cent septante pages.

Après trois récits de Fiona McIntosh lus, et autant de romans dépréciés, je tire définitivement un trait sur cette auteure qui ne semble pas me correspondre mais qui, j'en suis sûre, aura de quoi séduire bien d'autres lecteurs.

Note : 7/20

Date : 07 mars 2018 - 09 mars 2018

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